L’insécurité, le flagrant échec
Mercredi 24 juin 2009Tous le monde ne peut pas être identique, il y a des gens grands et des gens petits, il a y a des gens corpulents et des gens moins corpulents, il y a des gens vifs d’esprit et des gens moins vifs d’esprit.
Les personnes vives d’esprit savent observer et apprendre des erreurs des autres. Les personnes moins vives d’esprit ont souvent besoin de faire elles-mêmes ces erreurs pour apprendre.
Assurément la vidéosurveillance installée à Vichy est un bon exemple. La municipalité aurait pu étudier les résultats, ou plutôt l’absence d’un quelconque résultat, dans les villes où des installations similaires sont en place. Mais comme le souligne Sébastien Roché dans Libération, les rares enquêtes fiables démontre l’échec du dispositif.
L’Inhes (Institut national des hautes études de la sécurité) vient conforter ce sentiment d’échec en publiant un rapport extrêmement critique sur la vidéosurveillance.
Alors manque de vivacité d’esprit ou volonté d’envoyer un coûteux signal à son électorat, la municipalité a installé peu avant les élections un système de vidéosurveillance dans notre cité. Et le moment du bilan arrivé, il n’est pas glorieux.
Alors que de plus en plus de gens renoncent à déposer plainte concernant des délits pour lesquels ils ne se seraient même pas posés la question il y a quelques années, « La Montagne » publie le 23 février dernier un article détaillant « une hausse importante » de la délinquance sur l’agglomération en 2008. Pire, depuis la guerre jamais notre cité n’a connu un tel sentiment d’insécurité, aux coups de feux succèdent les attaques à l’arme blanche.
À peine le bilan 2008 achevé que 2009 s’annonce sous des auspices encore plus dramatiques, l’année commence par un homme égorgé dans le centre ville, puis vient le vigile poignardé, puis un autre homme lui aussi poignardé pendant qu’un second est blessé avec une arme à feu, enfin un commerçant est agressé puis décède à l’hôpital. Malgré l’orientation sportive de la ville, les caméras ne courant pas assez vite n’ont rien pu faire…
Alors que notre ville supportait déjà un endettement impressionnant (1805 euros par habitant, contre 1060 euros pour la moyenne des villes de population équivalente), un très coûteux système de vidéosurveillance a été installé. Pour certains, l’objectif de ce système était plus lié aux municipales de 2008 qu’à la sécurité des Vichyssois, quoi qu’il en soit, le bilan de l’insécurité des personnes à Vichy en ce début d’année, semble catastrophique.
Et alors que la crise frappe ici comme ailleurs, la réponse de la municipalité est de doubler la très couteuse vidéosurveillance, malgré la démonstration de son inefficacité. Cette décision intervenant à quelques semaines de la décision du conseil d’état concernant l’invalidation du scrutin de l’an passé, j’entends déjà les explications de certains. En cette période de trouble financier, et à la vue de son triste bilan, était-ce le moment de lourdement « investir » dans cet outil ?
Le Maire a justifié son choix, non pas dans un but de réduction de l’insécurité, mais par un souhait du recul du sentiment d’insécurité. Si on ne peut que le féliciter de penser au sentiment d’insécurité des vichyssois, la meilleure façon d’y parvenir ne serait-elle pas, de réduire l’insécurité rencontrée dans la ville par les vichyssois. Comment certains vichyssois pourraient-ils se sentir en sécurité après le bilan de ce début d’année, faisant déjà suite aux drames qui ont émaillé 2008, dont le plus médiatisé a défrayé la chronique sur les chaine nationales, dont les plus tristes ont vu des enfants périr, car la sécurité n’est pas limitée à la délinquance, et je fais partie de ceux qui pense que ces drames routiers auraient peut-être pu être évités par une plus grande réflexion en amont.
Il y a pourtant des moyens moins onéreux pour assurer la sécurité des vichyssois, et par là même de réduire ce fameux « sentiment d’insécurité » qui semble s’installer durablement à Vichy. Le traitement de l’insécurité à Vichy est dispendieux, la police municipale est couteuse et trop mal employée. Les moyens donnés à la sécurité sont mal ciblés. Un effort particulier est à faire sur la sécurité des plus faibles, tout le monde n’a pas le même besoin de protection, et pas en permanence ! Il faut offrir une sécurité ciblée, oui c’est moins médiatique que la vidéosurveillance, mais bien plus efficace.
J’avoisine les 1m80 et les 90kg, j’ai appris à marcher sur un tatami, j’ai pratiqué bon nombre d’arts martiaux et à certaines périodes « à mi-temps », c’est à dire 15 à 20h par semaine, je vous avouerai que je peux traverser un parking sombre à 2h du matin sans le moindre sentiment d’insécurité, et si on me faisait accompagner de quatre de nos policiers municipaux c’est probablement plus leur propre sécurité que la mienne qui serait accrue. À l’opposé, je vous laisse imaginer le sentiment d’une dame âgée seule, qui va retirer une partie de sa retraite et qui rentre chez elle. C’est un exemple de cas fréquents, pour lesquels un suivi personnalisé serait peu coûteux et bien plus efficace qu’une caméra.
La municipalité a pourtant choisit d’accroître le réseau de vidéosurveillance, je vous disais qu’il y a des gens qui observent et apprennent des erreurs des autres, il y en a aussi qui n’y arrivent pas et qui ont besoin de faire leurs propres erreurs, j’avais omis les derniers, ceux qui n’apprennent ni des erreurs des autres, ni des leurs.

L’excellente émission “C dans l’air” sur France 5 traite, ce jour, d’un sujet particulièrement sensible en cette période, la fraude électorale.
Lors du second conseil municipal, un élu de l’opposition, Mr Choquet me semble-t-il, demandait au maire l’usage qu’il pensait réserver au réseau de fourreaux et de fibres déployé à Vichy. Le maire expliqua que, depuis de nombreuses années, il développait ce réseau de fourreaux, et que ce réseau avait trouvé son utilité puisque un accord avait été trouvé avec “Neuf Telecom” pour un déploiement de la fibre à Vichy.