Rechercher :

Plus de démocratie ou stabilité ? Un choix électoral

Depuis fort longtemps, le débat entre scrutin majoritaire et scrutin proportionnel fait rage, ainsi, comme le faisait remarquer un de nos lecteurs, nous arrivons à une situation où la majorité des électeurs n’est pas représentée : à VVA, où sont les 55% d’électeurs n’ayant pas voté pour René Bardet ? Beaucoup de français préfèrent le scrutin proportionnel, mais ceux qui votent les lois préfèrent la stabilité en s’octroyant une grande part des sièges. On peut rapprocher cela des logements HLM, la plupart des maires de droite préfèrent faire payer à leurs communes l’amende infligée lorsque ces dernières ne respectent pas leurs quotas de logements sociaux, plutôt que de construire ces dit logements et faire venir sur la commune des gens qui voteraient majoritairement à gauche… Nicolas Sarkosy a ainsi gardé Neuilly à un niveau dix fois inférieur au quota et a fait payer sa ville… Après tout, ce ne sont que des deniers publics… Dans les cas où le taux est très bas comme à Neuilly (2%), on peut aussi probablement parler de sentiments “anti-pauvres”. Non, la discrimination n’est plus uniquement sur les arabes, les noirs, les juifs, les femmes, mais aussi comme le montre l’accession de M. Sarkosy aux plus hautes fonctions, sur les pauvres et bientôt sur les classes moyennes…

Mais revenons aux modes de scrutins. Certes, le scrutin majoritaire laisse apparaître une majorité claire, mais au prix où les électeurs, souvent majoritaires, qui n’ont pas souhaité tel ou tel candidat, n’ont plus de poids politique.

Prenons un cas concret, les municipales, nous étions à Cusset, restons y, le maire a recueilli 45% de votes favorables et par là même, 55% de votes défavorables. Plutôt que chaque candidat dispose d’un nombre de conseillers correspondant aux nombres de voix obtenues, comme ce serait le cas pour un scrutin proportionnel, la liste de M. Bardet recueille 24 des 33 élus avec 44,5% des voix. Soit près de trois quarts des conseillers malgré 55,5% de votes défavorables.

Autre exemple, les législatives de 86 et de 88. En 1986, à la proportionnelle intégrale, le FN et le PCF ayant récolté l’un 9,7% et l’autre 9,8% des voix, disposent de 35 sièges chacun. On aime ou on n’aime pas ces partis, mais il est démocratique que les 20% des électeurs qui les ont choisis, puissent avoir des représentants. En 1988, passage à un scrutin majoritaire, le PCF recueille 11,3% des voix mais n’obtient plus que 24 voix, le FN-MRG à 10,8% des voix obtient un unique député (soit moins de 0,2% de l’assemblée).

Pire aux législatives de 1993, avec 28% des électeurs du premier tour, les partis de la droite modérée (RPR, UDF, DVD) obtiennent 485 des 577 sièges, les 72% d’électeurs restants se partageant 92 sièges. Oui en France, avec à peine plus du quart des voix, on peut obtenir près de 85% des députés et décider pour tout le monde avec une opposition marginale. Est-ce ça la démocratie ? Pour la plupart de nos politiques c’est “oui !”.

Mais la démocratie c’est quoi au juste : C’est le gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple ! C’est un gouvernement qui doit oeuvrer dans le sens de l’intérêt de tous et non pas pour ses intérêts particuliers.

A ce titre, un beau matin, on a décrété la parité. Le lendemain la chasse aux potiches, fut ouverte !

Ainsi dans une préfecture de droite extrêmement proche de chez nous, quelques mois après l’élection municipale de 2001, une des conseillères municipales, pourtant première ou seconde femme sur la liste élue, me racontait que malgré de nombreuses demandes elle n’avait pu avoir un entretien privé avec le maire, et que malgré certains désaccords c’était : “votes comme le maire ou tu seras exclue du parti”. Elle a pendant 7 ans voté comme le maire, sans pouvoir jamais l’entretenir… Potiche vous disais-je. Il vaut sans doute mieux cinq femmes fortes dans un conseil municipal que 17 potiches… Et la parité n’y changera rien. Autre exemple : nos conseillers généraux : doivent se présenter un homme et une femme, l’un des deux étant suppléant. Combien de femmes ont été élues dans l’Allier en 2008 ? Vous avez dit parité ?

A titre personnel, je ne vote pas pour un représentant parce qu’il est homme ou femme, mais bel et bien pour ses idées… Si nous voulions une réelle représentation de la population, ne devrions nous pas créer alors une proportionnalité obligatoire de noirs, de chômeurs, d’ouvriers, d’handicapés, de jardiniers-du-dimanche-qui-n’aiment-pas-les-courgettes-farcies-aux-moules ?

Plus que le déficit de femmes dans la représentation nationale. Supprimez de l’assemblée nationale les médecins, les avocats et les fonctionnaires (ex- ou pas, principalement de l’éducation), qui reste-t-il ? à croire que notre pays n’est composé que de ça…

Ainsi cinq députés sont ouvriers, soit moins de 1% des députés, alors qu’ils sont 28% dans la population active.

Et que dire le la représentation nationale au sénat ? à quand une parité plus de cinquante ans/moins de cinquante ans ;-)

Non, sauf à choisir 2000 députés de la même façon que sont choisis les jurés des assises, la vraie démocratie n’est pas encore ici. En attendant mieux, revenons à la proportionnelle et supprimons la parité !

Sandrine

3 commentaires pour “Plus de démocratie ou stabilité ? Un choix électoral”

  1. eric dit :

    Le problème de la proportionnelle est le manque de decision ; pas evident de mettre 50% de personnes d’accord. C’est sûr, la parité n’est pas représentative, mais plus efficace !!

  2. Noël dit :

    Mouais, si on n’arrive pas à mettre 50% d’un côté c’est qu’en réunissant les autres on est à plus de 50% :-p, les assemblées proportionnelles ont réussi aussi à se mettre d’accord (sinon les copropriétés, par exemple, ne voteraient jamais rien…)

  3. sandrine dit :

    je ne pense pas que la parité soit plus représentative et plus efficace. Je considère que cette loi est une aberration. L’accession d’une femme à un poste de pouvoir doit dépendre d’une volonté personnelle, voire de courage. Avec une obligation légale, on place les femmes uniquement pour faire nombre sans tenir compte des expériences et des compétences. Tout est question d’attitude et de savoir faire plutôt que de quotas.

Laisser un commentaire