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La recentralisation…

    Travailler plus, pour gagner plus… Voilà un slogan qui aura marqué la campagne présidentielle de 2007 !

    Mais dans les faits, comment travailler plus ?  Pour certains, travailler plus c’est tout simplement travailler. Derrière des chiffres du chômage que l’on cherche à rendre de plus en plus flatteurs en changeant le mode de calcul à peine moins souvent que ne change le prix de l’essence, une réalité est bien présente, certains ont envie de travailler. Pas de travailler plus, de travailler tout court…

    Après un chômage prolongé, plus aucun employeur ne veut d’eux, alors parfois certains ont le déclic : Ne trouvant pas d’employeur, ils décident de devenir leur propre employeur.

    Voici donc notre demandeur d’emploi, ou notre bénéficiaire des minimas sociaux, puisque c’est le nom qu’on lui donne lorsque la recherche d’emploi s’est un peu prolongée,  frais, dispo, mais peu fortuné, prêt à se lancer dans la grande aventure de la création de micro-entreprise.

    Mais voilà, notre quidam ne cracherait sur un peu d’aide pour créer cette entreprise : trouver un peu de trésorerie, l’aider dans ses démarches, lui expliquer brièvement comment réaliser un prévisionnel, comment aborder une banque, ou tout simplement savoir si son projet est réellement viable.

    Inutile pour lui de se rendre à l’ANPE, pas vraiment compétente sur ce domaine, impossible de voir un professionnel vu qu’après plusieurs mois sans emploi les finances sont basses, les chambres consulaires quant à elles, après un premier rendez-vous gratuit, vous invitent à passer à la caisse… Et je passe sur bien des solutions qui n’offrent rien d’autre que noyer notre créateur dans des solutions sans issue.

    S’il n’est pas encore interdit bancaire, et par là même éligible à l’Adie, ayant fait le tour des solutions sans issue, et n’ayant pas de portefeuille bien garni, notre créateur se tourne vers son dernier espoir : un  fond de garantie. Dans notre département, pas vraiment de choix, c’est Auvergne Active qui gère le « Fond de Garantie à l’Initiative des Femmes » et le « Fond France Active ».

    Enfin une solution… Sauf que voilà, depuis peu le chargé de mission des très petites entreprises est parti. Et plutôt que d’investir dans un nouveau chargé de mission, on a préféré à Auvergne Active, ajouter du personnel dans le Puy-de-Dôme plutôt que dans l’Allier,  c’est donc une jeune secrétaire, embauchée quelques semaines auparavant, qui héritera des dossiers, alors en plus des taches administratives et de l’Eden, autrefois attribués à un poste entier,  elle devra désormais gérer les porteurs de projets TPE. La gestion du DLA étant vouée se recentrer sur Clermont-Ferrand…

    Alors oui, pour embaucher dans le Puy-de-Dôme, on préfère compléter le demi poste d’un personne probablement fort sympathique, mais qui n’a même pas le Baccalauréat, c’est sûr que ça  fait des économies dans l’Allier…

    Notre petit créateur d’entreprise va donc se retrouver pour son projet, face à une jeune personne sans diplôme et avec une expérience dans la création d’entreprise d’au mieux quelques mois. De quoi mettre en confiance.

    Mais à qui la faute ? Pour le département de l’Allier, le Conseil Général met la main à la poche, lourdement, la direction départementale du travail fait de même, et si l’on ajoute le prorata du FSE pour notre département, on parle en centaines de milliers d’euros ! Alors peut-être qu’aujourd’hui le Conseil Général, entre autres, devrait un peu se pencher sur ce qui est fait avec notre argent…

    Alors que notre région est déjà fort peu dynamique en matière d’aide à la création d’entreprise, c’est une recentralisation sur Clermont-Ferrand qui menace aujourd’hui l’emploi  futur des citoyens les plus démunis de notre département.

Noël

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